Les Employés

Publié le par Josefa & Anaïg

 

Livre: «Les Employés ou la Femme supérieure»

Auteur: Honoré de Balzac

Date de parution: 1838


 



   Ce roman historique est assez court, et est divisé en trois parties, et dix chapitres.
Il rentre dans le cycle romanesque La Comédie Humaine de Balzac, dans la section des études philosophiques.


   Tout d’abord, j'ai eu du mal à rentrer dans l’histoire, car les premiers chapitres ne sont que des portraits détaillés de personnages qui s’enchaînent, et l’action vient si tardivement que, arrivée enfin aux dialogues, je pensais à me remémorer qui était qui. Je sais que Balzac adore les descriptions, et je les aime aussi beaucoup, mais il aurait été peut-être plus judicieux d'égrener ces informations au fur et à mesure du récit.

   Mais, sitôt passé ce cap, j’étais plongée dans l’histoire car l'intrigue est prenante et intéressante et les dialogues sont assez vifs. Une partie rappelle le théâtre avec ses didascalies, puis c'est un retour au roman pour changer de lieu et de temporalité, pour permettre une ellipse, un glissement.


  Les Employés, c'est l’histoire des premiers pas des fonctionnaires, de la bureaucratie, des affres de l'administration française que nous connaissons toujours en ce moment, ce qui a lui a donné sa si mauvaise réputation. Mais c'est également une histoire d'hypocrisie, de corruption, de volonté d’élévation sociale, d'ambition où tous les coups sont bons pour gagner. Le roman illustre cela, en suivant deux ménages où les femmes ont les rênes et vont tout mettre en œuvre pour que le mari, fonctionnaire, ait les faveurs du ministre et de des Lupeaux, son second afin d’être nommé directeur pour remplacer La Billardiaire qui est décédé. D'un côté, il y a donc le ménage Rabourdin, constitué d’une charmante et coquette femme ayant reçu une bonne éducation, et de son époux, fonctionnaire consciencieux depuis 24 ans et respecté par son bureau. De l'autre, il y a Baudoyer, son opposé, qui est aidé par une famille manipulatrice, avare et ambitieuse.


    J'ai apprécié en dépit de tout ce roman pour les informations qu'il renferme à propos de la société parisienne au début du XIXÈME siècle, principalement sur les fonctionnaires d’État ; d'un point de vue historique, ce livre est un Graal et permet de mieux comprendre les fonctionnements de notre société actuelle.


    De plus, les passages de dialogues, avec une mise en page qui rappelle le théâtre, étaient très intéressants, ils apportent je trouve une dynamique au récit, et cela illustre l'inefficacité des employés qui passent la plupart de leur temps à discuter au bureau au lieu de travailler. Les satires étaient très pertinentes.


     Ensuite, les personnages féminins, surtout celui de Célestine Rabourdin qui est très importante dans le récit sont des femmes fortes et surtout intelligentes, ce à quoi je suis sensible car n’oublions pas que le livre a été écrit au début du XIXÈME siècle. Je me suis attachée au ménage Rabourdin qui semble soudé et aimant, en dépit de leurs ambitions d’élévation sociale.


      Je conseille donc ce livre aux adeptes de Balzac, ceux qui n'ont pas peur de ses longues descriptions et ceux qui sont curieux d'à quoi ressemblaient les bureaux en 1830, comment était la bureaucratie, comment réfléchissait-on, comment notre administration actuelle tant critiquée est née et, surtout, qu’est-ce que l'on peut retrouver dans notre société contemporaine.

Note : 3.75/5

écrit par Josefa

Publié dans Balzac, Réalisme, Classiques

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