La Chute

Publié le par Josefa & Anaïg

Titre: La Chute

Auteur: Albert Camus

Année: 1956

Editeur: Edition Gallimard, collection Folio

Genre: Absurde

 

Résumé de l'éditeur:

"Sur le pont, je passai derrière une forme penchée sur le parapet, et qui semblait regarder le fleuve. De près, je distinguai une mince jeune femme, habillée de noir. Entre les cheveux sombres et le col du manteau, on voyait seulement une nuque, fraîche et mouillée, à laquelle je fus sensible. Mais je poursuivis ma route, après une hésitation... J'avais déjà parcouru une cinquantaine de mètres à peu près, lorsque j'entendis le bruit, qui, malgré la distance, me parut formidable, dans le silence nocturne, d'un corps qui s'abat sur l'eau. Je m'arrêtai net, mais sans me retourner. Presque aussitôt, j'entendis un cri, plusieurs fois répété, qui descendait lui aussi le fleuve, puis s'éteignit brusquement"

 

Mon avis:

        Ce roman a été une vraie claque.

        C'est le deuxième Camus que j'ai pu lire, mais quelle claque, et quelle facilité de lecture!

       Ce roman, sous la forme du récit de sa vie d'un juge-pénitent ç un potentiel client, prouve l'inscription de l'auteur dans le courant de l'absurde, il prouve la rédaction du livre post-deuxième guerre mondiale.

       En somme, on découvre un personnage qui joue le jeu de la société pour s'en sortir et arriver à ses fins: il se fait pour cela hypocrite, flatte tout le monde, n'hésite pas à se servir de la religion dont il n'a que faire.

       Il connait les failles du système, il ne se ment pas à lui-même, et est obligé d'être corrompu. Il connait, il voit les travers de l'homme et en parle avec cynisme.

     Sa franchise peut choquer, sa misogynie, sa misanthropie peut écœurer, mais, pourtant, honnête et franc, c'est un flot de vérité qui découle de ses paroles, même si la vérité fait parfois mal à entendre. Le ton n'est, surtout, ni dans la critique ni dans le pessimisme, seulement dans la description d'une réalité. Ainsi, rien n'est reproché.

      La Chute, c'est aussi l'histoire d'un homme mordu par la culpabilité dont on voit la déchéance, la chute de sa santé au fur et à mesure du récit. C'est aussi l'histoire d'un homme qui cherchait désespérément l'immortalité mais qui est rattrapé par le temps et rappelé à la réalité: la condition humaine, une vie de mortel.

       Dans ce roman, l'homme est érigé comme plus terrible que Dieu encore, plus imaginatif, mais aussi plus terrible.

     Les chapitres sont brefs, le découpage est clair, puisque chacun d'eux correspond à une tranche de la vie du juge-pénitent, ou bien à un thème particulier, mais aussi une journée. La plume de Camus est incisive, et se lit très bien.

Je le conseille fortement, surtout qu'il apporte un enrichissement dans la perception du genre humain après la découverte des camps de concentration et d'exterminations.

 

Note: 9/10

Publié dans Classiques, absurde, récit

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