Shades Of Magic

Publié le par Josefa & Anaïg

Titre: Shades of Magic

Auteur: V.E. Schwab

Traducteur: Sarah Dali

Editeur: Lumen

Genre: YA, fantasy

 

Résumé de l'éditeur:

" Kell est le dernier des magiciens de sang, des sorciers capables de voyager d'un monde à l'autre. Des mondes, il y en a quatre, dont Londres est, à chaque fois, le cœur et l'âme. Le nôtre est gris, sans magie d'aucune sorte. Celui de Kell, rouge – on y respire le merveilleux à chaque bouffée d'air. Le troisième est blanc : là, les sortilèges se font si rares qu'on s'y tranche la gorge pour une simple incantation. Le dernier est noir, noir comme la mort qui l'a envahi quand la magie a dévoré tout ce qui s'y trouvait, obligeant les trois autres à couper tout lien avec lui.

Depuis cette contagion, il est interdit de transporter le moindre objet entre les univers. C'est malgré tout ce que Kell va prendre le risque de faire, histoire de défier la famille royale qui l'a pourtant adopté comme son fils, à commencer par le prince Rhy, son frère, pour qui il donnerait par ailleurs sa vie sans hésiter. Mais, à force de jouer avec le feu, il finit par commettre l'irréparable : il emporte jusque dans le Londres gris une pierre noire comme la nuit, qu'une jeune fille du nom de Lila décide, sur un coup de tête, de lui subtiliser. Pour elle comme pour lui
– pour leurs deux mondes, à vrai dire – le compte à rebours est lancé."

 

Mon avis:

     Il faut d'abord que vous sachiez que je n'ai acheté ce livre que parce que... j'étais dans ma phase, qui est d'ailleurs toujours d'actualité, d'acheteuse compulsive de romans, et que ce roman me narguant depuis des mois, à force de le voir partout sur internet, il m'est aussitôt venu à l'esprit de le saisir et de l'embarquer.

      Je n'avais aucun a priori sur le livre, aucune attente particulière, et j'attendais donc que le roman me surprenne.

      Tout d'abord, je pardonne la longueur du début, où l'auteur a pris le temps de poser les décors (trois univers dans un seul, rien que cela), ainsi que de développer ses personnages, parce que c'était nécessaire et que le lecteur a pu être posé un peu dans ce chevauchement inédit de Londres avant d'être embarqué dans une course folle et désespérée sitôt l'élément perturbateur arrivé.

        Ces trois Londres sont autant différentes que saisissantes et, après lecture, j'ai même fait des rapprochements avec ce qui nous est connu. Le Londres blanc se rapproche pour moi de l'Italie de Machiavel, avec ce climat de peur, ces coups d'états successifs, tandis que le Londres gris m'a tout l'air du Londres de Charles Dickens. Enfin, le florissant et éblouissant Londres rouge, qui m'a d'ailleurs fait penser à un mélange entre le royaume du Lancovit et l'empire d'Omois dans Tara Duncan, l'époque victorienne avec une forte dose de féérie, magie oblige.

        En tant que fan immodérée des histoires de princes et princesses, des châteaux, de la vie de cour, j'ai d'abord été séduite par ces points-là, même si ces aspects ne sont développés que pour la fête d'anniversaire du prince Rhy.

        D'ailleurs, on ne voit pas beaucoup ce personnage, mais grâce à Kell, son frère dont l'amour réciproque est aussi beau qu'inconditionnel, on s'attache énormément à ce beau jeune homme séducteur, de bonne composition, généreux, bon vivant, populaire.

      Aussi à l'opposé des clichés, nous avons deux personnages principaux, dont les points de vue se croisent, bien atypiques. Il y a bien sûr Kell, l'Antari: prince, pour avoir été adopté par le roi et la reine du Londres rouge, il ne se sent pas à sa place. Il n'y a que Rhy qu'il considère comme membre de sa famille, et pour qui il donnerait sa vie. Très puissant magicien, il ne s'en vante pas mais, en tant qu'émissaire car il est le seul avec Holland à pouvoir passer les portes, profite de ses cours séjours pour procéder à des traffics d'objets.  Hors-la-loi, il se complait dans l'illégalité de ces échanges, et c'est ce qui causera sa perte.

     Après le prince magiciens trafficant taciturne, nous avons une voleuse et assassin déguisée en homme: Lila Bard vient du Londres Gris et ne rêve que d'une chose, être libre et partir à l'aventure avec un bateau. Elle vole pour survivre, ne se soucie que d'elle, n'a aucun scrupule à tuer, possède une fierté extrême mais est aussi très indépendante, courageuse, et badass, disons-le.

     Alors, dîtes-vous, il était évident que ces deux-là se rencontrent, et l'alchimie entre les deux est juste sublime. Embarqués dans la même aventure afin de se délivrer de la pierre, leurs défauts vont être gommés en face de l'autre, les barrières vont s'abaisser, ils vont évoluer et je trouve cela sublime. J'aime particulièrement les romans où l'ont voit les personnages grandir grâce à d'autres personnages, surtout que, là, on s'attache rapidement à Kell et à Lila.

     Nous avons ensuite d'autres personnages attachants, bien que secondaires, comme Barron, ou les gardes de Rhy, mais aussi des personnages surprenants et controversés, comme Holland, qui a eu ma sympathie dès le début, malgré tout.

     Oh, et les antagonistes, les jumeaux Dane, sont absolument effrayants.

     Ce roman est aussi impitoyable: il n'y a pas de demi-mesure, il est vraiment sombre, il y a de la destruction, l'auteure n'hésite pas à tuer ses personnages, et même de manière horrible. J'y ai trouvé un bon début de profondeur, que j'espère voir approfondi dans les tomes suivants.

     Enfin, un dernier point sur le rythme qui est devenu prenant dès la rencontre entre les deux protagonistes. Le scénario du livre a aussi été très bien écrit, on y voit une belle boucle, un très bon travail, et une très bonne maîtrise de son histoire. Il y a également de très belles scènes visuellement parlant, comme les combats de la fin du roman, ou le défilé de l'anniversaire du prince Rhy, le bal, etc

      En somme, ce n'est pas non plus un coup de cœur, mais ce fut une très bonne lecture. Ce roman est beau, riche, cet univers est unique, ses personnages atypiques, c'est très frais. C'est magique.

 

 

Note: 9/10

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